(Actualisé avec rejet du recours de l'athlète)
par Giancarlo Navach
Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a rejeté vendredi l'appel de l'Ukrainien Vladislav Heraskevytch qui demandait sa réintégration après avoir été disqualifié de l'épreuve de skeleton des Jeux olympiques de Milan-Cortina parce qu'il refusait de modifier son "casque du souvenir".
L'athlète de 27 ans a été disqualifié jeudi lorsque le jury de la Fédération internationale de bobsleigh et de skeleton (IBSF) a jugé que les photos figurant sur le casque, représentant des athlètes tués depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, enfreignaient les règles de neutralité politique des Jeux.
Dans un communiqué, le Tribunal arbitral du sport souligne que s'il est pleinement sensible à la démarche commémorative de l'athlète, il doit examiner le litige à la lumière des "Athlete Expression Guidelines".
Ces lignes directrices reconnaissent la liberté d’expression comme principe fondamental, tout en imposant des limites strictes sur le terrain de compétition afin de préserver le caractère sportif des Jeux.
Le TAS estime qu'il n'a aucun pouvoir pour écarter ces règles proportionnées édictées par le CIO et qu'il doit donc confirmer la décision de l'IBSF.
Vladislav Heraskevytch demandait à être réintégré ou, au moins, de pouvoir participer à une manche supervisée par le TAS, dans l'attente d'une décision finale.
Il a été auditionné vendredi matin pendant près de deux heures et demie dans un hôtel de Milan par le Tribunal arbitral du sport.
Le spécialiste du skeleton a fustigé l'attitude du Comité international olympique (CIO), qui lui avait retiré son accréditation avant de la lui rendre.
"C'était vraiment une moquerie à mon égard. (...) Quand on vous enlève votre rêve olympique, puis qu'on vous rend votre accréditation par gentillesse, cela me semble vraiment hypocrite", a-t-il dit, ajoutant que "la vérité est de s on côté". "Je n'ai aucun regret à défendre ma dignité."
"Je ne comprends pas les raisons qui justifient les restrictions concernant les hommages rendus aux athlètes. Je pense que c'est une grosse erreur de la part du CIO, et j'espère qu'il le reconnaîtra", a poursuivi Vladislav Heraskevytch.
L'athlète ukrainien a également estimé que "ces Jeux et cette décision du CIO servent d'instrument de propagande pour la Russie". "Je reçois toujours beaucoup de menaces de la part de la Russie."
L'épreuve de skeleton a débuté jeudi avec les deux premières manches. Les deux dernières sont prévues ce vendredi soir.
(Reportage de Giancarlo Navach, version française Vincent Daheron, édité par Blandine Hénault et Sophie Louet)

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